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PANORAMA
DU MARCHÉ DES CASINOS EN FRANCE
La
croissance du marché - Analyse et traitement par Coach Omnium
| Baisse de l’activité de la filière casinos |
Pour l’exercice 2008/2009, l’ensemble du secteur casinotier en France a dégagé un Produit Brut des Jeux (PBJ - (*)) total de 2.344,8 M€ en régression de - 8,19 %. Pour autant, le marché français des casinos est, en 2008, le premier en Europe, réalisant 28 % du PBJ total européen. En France, le PBJ se réparti, comme suit, entre :
- les machines à sous : 2.151,2 millions d’euros, soit 91,7 % du PBJ total, en baisse de – 9,3 % par rapport à l’exercice précédent,
- les tables de jeux (roulette, boule, black jack,…) : 193,6 millions d’euros, soit 8,3 % du PBJ total, en progression de + 6,4 %.
L’activité nationale régresse depuis 2007, de près de 16 % sur 2 ans et de plus de 8 % sur la seule année 2008. A nombre de casinos constant – c'est-à-dire en excluant les nouveaux casinos – la régression est de 13 %.
Cette baisse de chiffre d’affaires, qui s’accompagne d’une chute de 13,55 % de la fréquentation des établissements est la résultante de plusieurs facteurs conjugués, notamment :
• Le contrôle d’identité aux entrées des casinos, mis en place en novembre 2006. L’effet s’est relativement peu fait sentir en 2007 grâce à la contrepartie de cette interdiction : l’autorisation des accepteurs de billets sur les machines à sous.
• L’entrée en application le 1er janvier 2008 de la loi de protection contre le tabagisme passif. Cette mesure, louable sur le plan sociétal, a entraîné une rupture dans le comportement de la clientèle des casinos : la chute immédiate de la fréquentation et une baisse corrélative du produit brut des jeux de l’ordre de 7 à 12 % selon les établissements. De nombreux joueurs, jusque-là réfractaires aux jeux sur l’Internet, ont franchi le pas et recréé par ce biais, à leur domicile, un environnement associant le tabac au jeu.
• La baisse du pouvoir d’achat des consommateurs liée à la crise financière et économique, qui a perduré en 2009.
• La concurrence des jeux illégaux sur Internet. Toutefois, la légalisation des jeux en ligne en France en 2010 représente un relais de croissance pour l’activité et constitue un grand changement sur le marché des jeux de hasard et d’argent. Si les casinos terrestres subissent la concurrence féroce des casinos en ligne, qui présentent de nombreux avantages en temps de crise (réduction des frais de déplacement et éventuellement d’hôtels, mises peu chères, confort et facilité pour les joueurs qui peuvent rester chez eux), les grands groupes de casinos ont suivi le mouvement et investissent dans cette nouvelle forme d’exploitation du jeu, les jeux en ligne.
(*) Produit Brut des Jeux (PBJ) = sommes investies dans le jeu après paiement des gains
Quelques données sur les jeux en ligne (2008) :
- entre 4.000 et 5.000 sites actifs accessibles estimés, proposant un contenu en français,
- 190 millions de PBJ en 2008 réalisés par ces sites, pour 2,1 milliards d’euros de mise,
- près de 3 millions de Français (5 % de la population) ont joué à des jeux d’argent en ligne (hors FDJ et PMU). |
• Les prélèvements obligatoires. Ils ont représenté 55 % du PBJ pour l’exercice 2009, soit 1,28 Milliard d’Euros qui se répartissent comme suit :
- 61 % pour l’État,
- 18 % pour les organismes sociaux,
- 21 % pour les communes.
Cette charge grève également les bénéfices des casinos.
Au-delà des prélèvements obligatoires sur le PBJ, les casinos ont consacré 95 millions d’Euros aux activités touristiques locales. Cette contribution touristique supplémentaire concerne l’ensemble des domaines permettant de renforcer l’attractivité touristique des communes et de leur région, qu’ils s’agissent d’activités culturelles, sportives, évènementielles, de spectacles divers ou encore d’oeuvres sociales.
| Les actions des casinos pour enrayer les effets de la baisse de leur activité |
Les paris pas chers ont du succès car ils permettent aux utilisateurs de continuer à jouer tout en limitant les dépenses. 
Les maisons de jeux ont donc intérêt à baisser autant que possible la valeur du pari minimal concernant les machines à sous, qui sont les plus touchés par la baisse du PBJ. Depuis cette constatation, des mises à 1, à 2 et 5 centimes d’euros ont été proposées selon les groupes de casinos (surtout les grands groupes). Le Texas Hold’em tend également à être retiré provisoirement de salles de jeux, d’autres types de jeux à l’avantage de la maison étant favorisés.
La réduction des charges est bien sûr un autre moyen de lutter contre la crise ; elle passe notamment par des réductions de dépenses de personnel dont des licenciements, car le personnel est le principal poste de dépenses.
Le développement des jeux en ligne, qui ont un grand succès en temps de crise : une nouvelle source de revenu. Toutefois, ce sont surtout les grands groupes disposant d’un solide statut financier qui ont les moyens d’investir dans cette nouvelle forme de jeu, dont le ticket d’entrée est élevé.
Un allègement fiscal universel sur le plan national a été demandé auprès des autorités nationales compétentes. Deux décrets ont été promulgués en faveur des casinos et ont pris effet à partir du 1er janvier 2010. Ces lois stipulent qu’un allègement de taxe a été accordé au bénéfice des machines à sous et des jeux de table, et que pour une bonne équité des jeux et pour abolir toute concurrence déloyale entre les différentes parties, chaque maison doit disposer d’une table de jeux pour obtenir l’accord d’exploitation d’une cinquantaine de machines à sous. L’ajout d’autres machines à sous est réglementé par la proportionnalité équivalente à une table de jeux supplémentaire pour 25 machines à sous ajoutées, dans la limite de 500 machines. Au-delà, l’accord relève de la compétence d’une commission administrative.
| Quelques caractéristiques de la clientèle des casinos |
Les chiffres clés de la demande de la filière casinos en France en 2008 :
- 37.400.000 visiteurs : 2/3 des clients des casinos sont à faible revenu : ouvriers, employés, chômeurs, inactifs et retraités (voir graphique).
- 69 % des Français déclarent avoir joué à un jeu d’argent au cours des 12 derniers mois (étude CSA 2008), dont 18 % d’entre eux ont joué à un jeu de casino.
- 84 % des clients sont venus moins de cinq fois dans l’année et 52 % des clients ne sont venus qu’une fois dans l’année 2008.
- Les clients « casinos » viennent en moyenne 4,7 fois par an et 55 % des visites ont lieu après 20 heures.
- Les clients dépensent en moyenne par visite 61,10 € au jeu et 26,70 € au bar ou au restaurant.
- Parmi les 10 postes qui constituent le budget « loisirs » des Français (source Insee 2007), les jeux de hasard sont au 7e rang (9,5 % de ce budget), loin derrière les « spectacles, cinémas, voyages » (18 %) et la « presse, livres et papeterie » (13 %).
La filière française compte 197 casinos autorisés sur le territoire national en 2009 (+1 par rapport à l’exercice précédent). Le secteur génère 50.000 emplois, dont 18.200 directs (données 2008). Plus des deux tiers des casinos sont exploités par des groupes.
Les groupes de casinos en France
(source : bilan statistique saison 2008-2009, service central des courses et jeux au 31/10/2009)
Opérateurs |
Nombre de casinos |
Part de l'offre |
Répartition des machines à sous |
Comparatif PBJ réel au 31/10/2009 (en millions d’€) |
Part de marché |
Groupe Partouche |
47 |
23,9 % |
25,9 % |
624 |
26,6 % |
Groupe Lucien Barrière |
33 |
16,8 % |
25 % |
751 |
32 % |
Groupe Joa (ex-Moliflor) |
20 |
10,2 % |
9,1 % |
180 |
7,7 % |
Groupe Tranchant |
16 |
8,1 % |
9 % |
196 |
8,4 % |
Groupe Cogit |
9 |
4,6 % |
3,4 % |
71* |
3 % |
Groupe Emeraude |
8 |
4,1 % |
3,5 % |
62 |
2,7 % |
Société fermière Casino Municip. Cannes |
2 |
1 % |
1,7 % |
47 |
2 % |
Groupe Vikings-Casinos |
7 |
3,5 % |
22,4 % |
413 |
17,6 % |
Groupe Tahoe |
4 |
2 % |
Groupe Omnium |
3 |
1,5 % |
Autres groupes / Indépendants |
48 |
24,4 % |
TOTAL : |
197 |
100 % |
100 % |
2,34 milliards d’€ |
100 % |
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* Le PBJ de 71 millions d’Euros du groupe COGIT est calculé sur 8 casinos, car la dernière acquisition du groupe (le casino de Saint-Gilles-Croix-de-Vie) est très récente.
Le secteur se caractérise par une concentration des exploitants de casinos. Les 4 groupes leaders de la filière rassemblent près de 60 % des casinos implantés en France, 69 % des machines à sous et 75 % du PBJ réel sur l’exercice 2009.
LES GROUPES LEADERS
Créé en 1973, le groupe Partouche compte 47 casinos en France et il est également présent à l'international. Il est le premier groupe implanté en France, en nombre de casinos, réunissant à lui tout seul près du quart des maisons de jeux françaises. Par contre, en termes de chiffres d’activité, il occupe la seconde place sur la scène nationale après le groupe Barrière (voir ci-après). Le chiffre d’affaires de la filière casino du groupe Partouche s’élevait à 406,1 million d’Euros en 2009, dont 94 réalisé par les casinos français, enregistrant une baisse de – 5,7 % par rapport à 2008.
Résultats d’activité Groupe Partouche
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PBJ du groupe (en millions d’€) |
Évolution 2007 à 2009 |
PBJ en France (en millions d’€) |
Évolution 2007 à 2009 |
2007 |
854,8 |
- 16 % |
764,5 |
- 21 % |
2008 |
787,9 |
687,9 |
2009 |
716,7 |
605,6 |
• Groupe Barrière
C’est le deuxième groupe français en nombre de casinos terrestres (33), mais le premier en termes de chiffre d’affaires grâce notamment à son casino phare d’Enghien-les-Bains. Ce dernier occupe la première place des casinos français avec un PBJ de 154 millions d’Euros enregistré en 2009, soit près de 3 fois supérieur à celui du 2e casino français, la Tour de Salvagny (56 millions d’Euros).
A ce jour, le Groupe Lucien Barrière est détenu à 51 % par la famille Desseigne-Barrière et à 49 % par Accor. La Société Fermière du Casino Municipal de Cannes (SFCMC), qui exploite 2 casinos – le Majestic Barrière et l’Hôtel Gray d’Albion –, est détenue à plus de 70 % par la famille Desseigne-Barrière.
Résultats d’activité Groupe Barrière
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CA casino du groupe (en millions d’€) |
Évolution 2007 à 2009 |
CA casino en France (en millions d’€) |
Évolution 2007 à 2009 |
PBJ du groupe (en millions d’€) |
Évolution 2007 à 2009 |
2007 |
947,4 |
- 2,5 % |
831,9 |
- 5,6 % |
887,5 |
- 3,3 % |
2008 |
937,5 |
805,4 |
873,2 |
2009 |
923,5 |
785 |
858 |
Le PBJ France du groupe Barrière était de 728,4 millions d’Euros pour l’exercice 2009, soit 85 % du PBJ du groupe. Ce dernier a diminué moins fortement que les observations nationales (- 16 %) ou que celui du groupe Partouche.
Le Groupe Moliflor a décidé de rajeunir son image et de changer de nom, pour JOA Casinos. Avec 20 casinos, il représente 10 % de l’offre française et se place ainsi en 3e position. En revanche, son PBJ total (180 millions d’Euros) sur l’exercice 2009 est inférieur à celui du groupe Tranchant qui compte pourtant 4 casinos de moins. En 2007, le groupe a obtenu l’obtention pour la construction et l’exploitation des casinos de Sanary-sur-Mer et de Villeneuve-Loubet.
Les 2 principaux actionnaires du groupe sont le Fond d’investissement Bridgepoint Capital et l’opérateur de jeux d’argent Canadien Loto-Québec. Le premier investit dans des grands noms tels que Afflelou, Nocibé ou les maisons de retraite Médica. Quant à Loto-Québec, ce poids lourd de l’industrie mondiale du jeu est entré dans le capital en avril 2006. Ces deux partenaires ont pour objectif de développer l’activité casino aussi bien en France qu’à l’étranger.
Créé en 1987, le quatrième casinotier de France possède 16 casinos en France. Avec un PBJ total de 196 millions d’Euros enregistré sur l’exercice 2009, il réunit plus de 8 % des parts de marché, devant le groupe JOA Casino. Le casino d’Amnéville, qui relève du groupe Tranchant, est le 4e de France par son PBJ (44 millions d’Euros).
LES GROUPES Secondaires sont formés des Enseignes :
• COGIT (Compagnie Générale d’Investissements Touristique), fondé en 1990 et domicilié en Martinique. Il compte 2 casinos en Martinique, 2 en Guadeloupe et 5 en métropole. La dernière acquisition du groupe (le casino de Saint-Gilles-Croix-de-Vie) date de 2009.
• Émeraude. 8 casinos.
• Vikings Casino et le groupe Arev. L’activité Casino est un des secteurs phares de ce groupe qui exploite 7 casinos en France. Elle a été créée en 1998. Des projets de casinos sont à l’étude notamment à Courseulles-sur-mer (Normandie) et à Lurbes (sud de la France).
• Tahoe, créé en 1987. Le groupe Tahoe tient à respecter les règlements en matière de jeu et travaille, main dans la main, avec le Ministère de l’Intérieur en lui faisant des propositions concrètes. Ainsi, bien avant que la loi sur le contrôle d’identité à l’entrée des casinos ne devienne obligatoire, le groupe Tahoe avait proposé de contrôler ses joueurs à l’entrée des machines à sous, ce qui lui a valu l’autorisation de 80 machines à sous.
• Omnium. 3 casinos.
Les casinos ou groupes indépendants tiennent une infime place par rapport aux grands groupes et sont souvent cachés derrière ces derniers. D'ailleurs, ceux qui commencent à s'agrandir et à se développer rejoignent souvent l'un des groupes sus-cités.
A noter qu'en dehors des casinos, coeur de leur métier, ces groupes gèrent obligatoirement des restaurants et des activité de spectacle attenant à leurs jeux, et certains exploitent également des hôtels (Barrière, Partouche, Joa, Emeraude, etc.). |
Etude et analyse par Coach Omnium. Toute reproduction ou citation doit faire l'objet d'une autorisation préalable par Coach Omnium - Copyright 2010.
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